Le chiffre manquant - Épisode 1
Publié par Frank Savann
En 2025, la France a compté ses contrats d’apprentissage.
Elle a beaucoup moins rendu visibles les jeunes qui en cherchaient encore un.
Selon la DARES, 846 700 contrats d’apprentissage ont commencé en 2025, en baisse de 4,9 % sur un an. Dans l’enseignement supérieur, 500 200 contrats ont commencé, en recul de 7,7 %.
L’OFCE donne la même lecture, mais avec un angle complémentaire : les entrées en apprentissage « plient mais ne rompent pas ». Fin 2025, le stock d’apprentis en formation reste élevé, mais il recule de 33 000 en un an. Et le retournement vient surtout du supérieur, là où beaucoup de parcours dépendent désormais d’un contrat signé.
Ces chiffres disent quelque chose d’important.
Mais ils ne disent pas tout.
Ils mesurent les contrats commencés.
Ils ne disent pas directement combien de jeunes admis, inscrits ou en attente de rentrée cherchaient encore un employeur.
Un autre signal éclaire pourtant la tension.
Dans sa note de conjoncture de septembre 2025, l’INSEE anticipe un retournement de l’emploi en alternance en fin d’année, avec 65 000 postes d’alternants détruits en six mois.
L’INSEE ajoute qu’une majorité d’étudiants confrontés au repli du nombre de postes d’alternants choisiraient de poursuivre leurs études en formation initiale.
C’est là que le point aveugle devient financier.
Sans employeur, le projet ne disparaît pas toujours.
Il change de coût.
Cette situation existe aussi dans le droit.
Un jeune peut débuter un cycle de formation en apprentissage sans employeur, dans la limite de trois mois.
Elle existe enfin dans l’action publique.
L’instruction interministérielle du 19 juin 2026 mobilise les cellules régionales pour accompagner les jeunes en recherche d’un contrat ou d’une place en CFA, en appui des établissements.
Le problème n’est donc pas seulement statistique.
Il est très concret.
Un jeune est admis.
La rentrée approche.
Le contrat n’est pas signé.
La bonne question n’est pas seulement :
« Où trouver un employeur ? »
C’est aussi :
« Combien de temps mon projet tient-il sans salaire d’apprenti ? »
Et cette question se pose maintenant.
Pas en octobre.
Avant d’attendre, il faut chiffrer quatre choses : le coût d’entrée, le budget mensuel sans rémunération d’apprenti, les aides réellement activables et le moment où le projet doit être reconfiguré.
MSB documente cette zone en tiers indépendant : chiffrer avant de subir, activer les aides avant de renoncer, décider avec une vision claire.
Cette série l’explore, un épisode par semaine.
Vous arrivez au début. Épisode 1 sur 10.
#LePointAveugle
Sources épisode 1
DARES, premières estimations des entrées en apprentissage 2025, publiées le 27 février 2026 : 846 700 contrats d’apprentissage commencés en 2025, en baisse de 4,9 % sur un an ; 500 200 contrats dans l’enseignement supérieur, en recul de 7,7 %.
OFCE, L’apprentissage sous pression, Policy brief n°157, Bruno Coquet, 5 mai 2026 : 847 000 nouveaux contrats d’apprentissage en 2025 contre 891 000 en 2024 ; 1,017 million d’apprentis en cours de formation fin 2025, soit une baisse de 33 000 en un an ; recul concentré sur l’enseignement supérieur.
INSEE, Note de conjoncture, septembre 2025 : retournement attendu de l’emploi en alternance en fin d’année, avec 65 000 postes d’alternants détruits en six mois ; majorité d’étudiants confrontés au repli des postes d’alternants poursuivant leurs études en formation initiale.
Code du travail, article L6222-12-1 : possibilité de débuter un cycle de formation en apprentissage sans employeur, dans la limite de trois mois.
Instruction interministérielle n° DGEFP/MAAQ/DGESCO/DGESIP/DGER/DGAFP/2026/81 du 19 juin 2026 : mobilisation des cellules régionales interministérielles pour accompagner les jeunes souhaitant s’orienter vers l’apprentissage.
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